Le réglage des griffes d’entraînement sur les machines à coudre familiales
Publié le 29/06/2025
Une machine à coudre est constituée d’éléments mécaniques finement synchronisés les uns avec les autres afin de produire un point. Les éléments mécaniques en question sont l’aiguille, le crochet et les griffes d’entraînement.
Dans cet article, nous allons nous concentrer sur la synchronisation des griffes d’entraînement d’une machine à coudre et sur leurs différents réglages.
Principe des griffes d’entraînement
Les griffes d’entraînement sont responsables du déplacement de l’ouvrage.
L’ouvrage est pressé par le pied presseur afin d’assurer que celui-ci se déplace avec les griffes d’entraînement par friction. Sans pression sur le pied presseur, les griffes n’auraient aucun impact, ce qui est équivalent à vouloir coudre sans baisser le pied.
En fonctionnement nominal, les griffes d’entraînement se déplacent de manière à déplacer l’ouvrage de l’avant vers l’arrière. En marche arrière, les griffes d’entraînement se déplacent à l’opposé du mouvement précédent : de l’arrière vers l’avant.
Lorsque les griffes sont actives, leur amplitude de battue est réglable et correspond à la longueur de point.
Animation des griffes d’entraînement en fonctionnement.
Les synchronisations des griffes d’entraînement
Les griffes d’entraînement sont régies par deux synchronisations : la levée et la battue.
La levée des griffes d’entraînement
La levée des griffes d’entraînement correspond au déplacement en hauteur des griffes d’entraînement.
Au point le plus bas, les griffes sont inhibées, situées sous la plaque à aiguille. Au point le plus haut, les griffes sortent de la surface de la plaque à aiguille par les ouvertures prévues à cet effet.
La levée des griffes d’entraînement doit être synchronisée avec la barre aiguille de manière à ce que les griffes d’entraînement soient inhibées lorsque la pointe de l’aiguille se trouve sous la plaque à aiguille, et actives lorsque la pointe de l’aiguille se situe au-dessus de la plaque à aiguille.
La synchronisation de la levée des griffes d’entraînement avec l’aiguille est importante, car elle permet d’éviter de tracter l’ouvrage alors que l’aiguille est plantée dedans.
Animation des griffes d’entraînement avec seulement le mouvement de levée.
La battue des griffes d’entraînement
La battue des griffes d’entraînement correspond au déplacement horizontal, voire vertical sur certains modèles sophistiqués.
Lorsque les griffes sont actives, cette battue permet de déplacer l’ouvrage d’un certain nombre de millimètres en fonction de son amplitude, dans un sens ou dans l’autre. La battue maximale est souvent de 5 mm.
La battue doit être synchronisée avec la levée des griffes, sans quoi le déplacement de l’ouvrage sera chaotique ou s’effectuera dans le mauvais sens de fonctionnement par rapport à la longueur de point définie.
Lorsque les griffes sont inhibées, elles réalisent le déplacement opposé à celui effectué pour déplacer l’ouvrage, afin de revenir en position pour effectuer la battue correcte au point suivant.
Animation des griffes d’entraînement avec seulement le mouvement de battue.
Les réglages
En fonction de l’architecture de la machine, il vous sera possible de régler la hauteur des griffes d’entraînement, leur planéité, la phase de la came de levée, la phase de la came de battue et le point zéro (longueur de point).
La hauteur des griffes d’entraînement
Les griffes d’entraînement doivent dépasser de la plaque à aiguille entre 0,7 et 1,2 mm à leur point le plus haut.
Au-delà de ces valeurs, les griffes d’entraînement comprimeront plus fortement l’ouvrage contre le pied presseur, pouvant provoquer des marques, du fronçage ou des déformations de l’ouvrage, notamment sur du jersey/stretch ou dans le biais d’un tissu chaîne et trame. De plus, la barre presseur subira une translation supérieure à ce qui a été prévu lors de la conception, ce qui provoquera des bruits intempestifs et une usure graduelle des mécanismes associés.
En dessous de ces valeurs, les griffes d’entraînement n’entraîneront plus l’ouvrage de manière consistante, avec un risque accru de longueurs de point irrégulières.
Il conviendra alors de régler la hauteur dans cette plage de 0,7 à 1,2 mm, puis de tester sur des ouvrages représentatifs de ce que vous cousez afin de valider le fonctionnement : vérifier que les points sont réguliers, que le tissu n’est pas excessivement déformé sur du stretch, qu’il n’y a pas de marquage des griffes.
La planéité est le fait d’avoir des griffes d’entraînement planes par rapport à la plaque à aiguille. L’objectif est de maximiser la surface de friction avec le tissu et le pied presseur. Certaines machines ont besoin d’un ajustement de celle-ci après un réglage de la hauteur des griffes d’entraînement.
La phase de la came de levée
Après avoir réglé la hauteur des griffes d’entraînement, il est possible de synchroniser la came de levée avec le déplacement de la barre aiguille.
Pour ce faire, retarder ou avancer la came de levée de manière à amener les griffes à être tout juste sous la surface de la plaque à aiguille lorsque la pointe de l’aiguille est tout juste au-dessus de l’ouverture de la plaque à aiguille, tout en étant encore au-dessus de sa surface. Serrer, puis vérifier en faisant un cycle à la machine : si les griffes s’activent si et seulement si l’aiguille est au-dessus de l’ouverture, alors le réglage est correct.
La phase de la came de battue
Après avoir réglé la phase de la came de levée, nous pouvons passer à la phase de la came de battue.
Pour son réglage, retarder ou avancer la phase de la came afin de s’assurer qu’une battue complète est réalisée lorsque les griffes sont actives. Si les griffes effectuent une battue pendant qu’elles s’abaissent, le déplacement de l’ouvrage ne sera pas uniforme.
Il convient de faire attention au sens de la battue : pour une longueur de point positive, veiller à ce que la battue se fasse de l’avant vers l’arrière, et inversement.
L’animation ci-dessus illustre une synchronisation incorrecte entre la levée et la battue : les griffes sont sous la plaque alors que la battue n’a pas été complétée. Au lieu d’être déplacé sur 5 mm, l’ouvrage sera plutôt déplacé sur environ 4.6 mm.
Animation des griffes d’entraînement avec une synchronisation incorrecte entre levée et battue.
Le point zéro du régulateur de longueur de point
Les régulateurs de point sur les machines à coudre prennent la forme d’un bloc avec un coulisseau, permettant de donner une amplitude de battue différente en fonction de l’angle du bloc en question.
Sur des modèles anciens, l’angle du bloc est directement piloté par le levier de longueur de point en façade, tandis que sur d’autres modèles, un système de bielles permet de transmettre un angle depuis une commande déportée, prenant la forme d’un bouton de réglage rotatif, par exemple.
En fonction de l’architecture, si le régulateur de point est déporté par rapport à la commande, lié par des bielles ou piloté par un moteur pas à pas, il existe alors probablement un réglage permettant de définir l’angle du régulateur de point pour une longueur de point donnée. Ainsi, il convient de faire en sorte que l’angle du régulateur de point permettant une alimentation nulle (pas de déplacement du tissu) soit réglé pour une longueur de point nulle, d’où l’appellation de point zéro.
Le bon placement du point zéro permet une bonne symétrie des longueurs de point par rapport à 0 et assure un bon fonctionnement des points aller-retour et des boutonnières. Cette dernière affirmation est surtout vraie pour les machines à coudre électroniques avec un pilotage par moteur pas-à-pas du régulateur de point. Sur une machine à coudre mécanique, il existe d’autres paramètres qui peuvent impacter la qualité des points aller-retour et des boutonnières.
Conclusion
La synchronisation et le réglage des griffes d’entraînement sont des opérations essentielles pour garantir une alimentation régulière de l’ouvrage et obtenir une qualité de couture optimale. Une hauteur correcte, une bonne planéité ainsi qu’une synchronisation précise de la levée et de la battue permettent d’éviter de nombreux défauts, tels que des longueurs de point irrégulières, le fronçage du tissu ou un entraînement inefficace.
Il est important de garder à l’esprit que les valeurs et les méthodes de réglage peuvent varier selon les fabricants et les modèles de machines. Les principes présentés dans cet article restent toutefois valables pour la majorité des machines à coudre à point noué et constituent une bonne base pour comprendre le fonctionnement des griffes d’entraînement et réaliser leur réglage.
Enfin, après toute intervention sur ces mécanismes, il est recommandé de vérifier le fonctionnement de la machine sur plusieurs types de tissus et avec différentes longueurs de point afin de s’assurer que les réglages sont adaptés à l’utilisation prévue.
Si vous souhaitez en apprendre plus sur les réglages des machines à coudre familailes, vous trouverez également un article sur la synchronisation aiguille/crochet des machines à coudre à crochet rotatif horizontal en cliquant ici.